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Paysagiste sans paysage, peintre d’une nature généreuse dont il ne voit que les détails, Jean-Claude Coenen n’est pas dans la ligne traditionnelle. Après une grande exposition à Liège et une plus modeste à Chénée, le voilà au coeur de la Famenne. Il traduit à l’huile, au pastel et aussi à la gouache, les mille détails que le promeneur ne remarque plus. Bien sûr, il a quitté Liège pour vivre en Ardenne (à Manhay), bien sûr les arbres sont omniprésents autour et alentour mais Coenen est comme ces enfants qui ne voient de la mer que le ballon rouge qui surfe sur les vagues. Jean-Claude Coenen s’il peignait la mer, ne verrait que l’écume qui borde la marée qui monte. Il est comme ces entomologistes qui ne voient plus que l’insecte et pas la rose qui est dessous. Avec lui, pas un panorama, rien qu’un bout de terre agricole où une fleur sauvage est venue prendre racine. En ville, il y a trop longtemps que l’on n’a pas vu ces bouffées de nature, ces invitations à la contemplation des riens qui font tout… car depuis 1984, l’artiste n’est pas revenu à Bruxelles. Ce sont les alea d’une carrière d’enseignant à l’Académie des Beaux-Arts de Liège, doublés d’engagement divers pour tout ce qui concerne les arts Plastiques. C’est aussi la faute au temps qui passe trop vite et aux amateurs (certains) qui se tournent vers du plus moderne (!), du plus engagé, du plus tourmenté. L’artiste paisible qui se penche sur un visage d’enfant (comme Michel Buylen) ou sur une fleur (comme Jean-Claude Coenen) en devient presque suspect dans ce monde de vitesse et de violence.

Anita NARDON – Octobre 2008

… 

Il était des hauteurs de Liège, maintenant il vit et travaille – selon la formule – sur les hauteurs de l’Ardenne. Il a définitivement quitté les beaux quartiers et trouvé son port d’attache – que Jean-Jacques Rousseau appelait son asile ou sa retraite – dans une belle et longue maison blanche où au creux de l’hiver, brûle, sous de vieilles poutres, sur les dalles de schiste noir, dans la pénombre qu’affectionnaient les vieux Ardennais, un grand feu de bois dont les craquements pleins de mystères participent des plaisirs de la conversation. Derrière la ferme étalée, c’est la nature, l’horizon à perte de vue, des bouquets d’arbres, une prairie un peu folle et qui n’est pas pelouse. Je ne suis venu ni en curieux ni en nostalgique de vacances campagnardes jadis dans la région. Il me semble que le cadre – c’est le mot – dans lequel un artiste travaille est pour certains tout aussi important à appréhender, à sentir, que pour d’autres artistes les avatars de la vie. Jean-Claude Coenen fait corps avec la nature. Il a au physique quelque chose d’ardennais. Par osmose peut-être. La nature est son décor et la matière vraiment première de son oeuvre. Il n’est pas l’homme des panoramiques; il ne peint les  » vastes espaces « . Il est celui du fragment – en quoi il est moderne -, littéralement du  » morceau nature « , serré, enfermé dans des formats à l’échelle humaine. Paradoxalement, ses visions rapprochées ne sont pas de la nature morte: les fougères, les graminées, les fleurs des champs bougent encore transfigurées par le crayon de pastel, s’inclinent, se redressent, semblent forcer les limites du cadre. Observées sur le motif, transfigurées en atelier, cohabitant dans des rapports forts (des violets, des verts), elles se dressent sur paysage de ciel, se laissent habiller de neige. Cette figuration très dessinée flirte avec l’abstraction parfois mais toujours dans des épousailles de la couleur et de la lumière. Jean-Claude Coenen n’est pas un peintre de l’Ardenne mais un peintre en Ardennes. Il est là, mais en son art, va plus loin.

Jacques PARISSE – Mars 1998

Jean-Claude Coenen nous semble atteindre ici, la maitrise parfaite de son art. Le lyrisme cède le pas au mystère, au secret, à l’intime transfiguration interactive entre l’arbre, l’air et le temps. Et c’est toute la forêt qui s’impose forte, belle, chaleureuse. Nul mieux que Jean-Claude Coenen ne sait exprimer sa trompeuse immobilité, ses clairs-obscurs d’avant l’orage, son attente de l’embellie, ses soirs de premières neiges, ses tiède après-midis ouatées, ses vesprées incertaines. C’est là toute mon Ardennes que j’ai dans le sang et la mémoire. Je la reconnais, je la revis. Jean-Claude Coenen la prolonge pour moi, dans toute sa vérité émouvante et infinie. L’Ardenne est plein dans le coeur.

Pierre BASTIN – 10 Février 1987

…Peu de choses, en réalité, lui suffit pour composer de véritables morceaux de peinture solides, traités avec vigueur, mais où les touches se font sensibles, où les effets de lumière créent l’atmosphère. D’un sous-bois piqué de fleurs minuscules et de branches mortes, ou la cime épanouie d’un arbre, il réalise autant de bouquets suaves qui émerveillent par leur hardiesse et leur fraîcheur. Puisque Jean-Claude Coenen concentre son regard de peintre vers le sol, vous ne verrez jamais le bleu du ciel ou si peu, mais tous les verts de la nature auxquels se mèlent les fleurs du printemps ou les ors de l’automne: genêts, sureaux, cerisiers… en gros plan. Jean-Claude Coenen ne recule pas devant l’effort. Il traite avec autant de facilité et d’allant les grands et les petits formats, avec le même bonheur, la même envie de vaincre l’obstacle de la toile vierge. Qu’il s’agisse d’huiles, de gouaches ou de pastels, c’est le même Besoin de rechercher, d’aller à l’essentiel, de s’ouvrir et s’épanouir à de nouveaux horizons accessibles à tous mais qui obligent à voir autrement, avec un regard d’où on a chassé l’habitude. Inutile d’ajouter que pour parvenir à pareil résultat, l’art de Jean-Claude Coenen s’appuie sur un métier solide qu’il maîtrise parfaitement. S’il n’a jamais reçu le prix Marie Howet, c’est tout simplement parce que ses origines n’en faisait pas… un Luxembourgeois…

Guy GILQUIN – 9 Avril 1986

Bien que Jean-Claude Coenen soit essentiellement considéré comme un peintre paysagiste, on ne peut plus vraiment parler de paysages à propos de ses dernières oeuvres. Abandonnant résolument – enfin ! – une tradition qui ne lui apportait plus rien – si ce n’est – peut-être ! – la satisfaction d’un travail honnêtement fait, il nous propose aujourd’hui des huiles qui sont des fragments d’une nature exubérante et indisciplinée qu’il ne se lasse pas d’admirer: fleurs, feuilles, branches prennent vie dans l’espace limité par le tableau, donnant l’impression qu’il suffirait d’un rien, d’un imperceptible souffle de vent pour entendre leur bruissement et les voir s’animer. Depuis peu, il aborde désormais une nouvelle technique: celle du pastel qu’il réussit à maîtriser, à manier de façon à lui donner une densité comparable à celle des huiles. Dans ce domaine, ses thèmes sont aussi des morceaux de paysage, mais cette fois au lieu de jouer avec le mouvement des branches et la danse des feuilles, il s’attarde volontiers aux lignes de force, aux silhouettes et à l’atmosphère: courbes des montagnes enseigées, Silhouettes sombres des sapins se profilant sur des ciels annonciateurs de neige, grisaille des paysages d’hiver… le tout évoqué sans s’attarder au détail, de manière à faire ressortir la poésie d’un climat bien particulier, celui de nos sempiternels ciels gris, pourtant peu propice à éveiller l’imagination des artistes, souvent plus inspirés par lumière et les terres ensoleillées…

Renée RASKIN – Novembre 1978

…L’Ardenne qu’il nous propose est une Ardenne renouvelée par rapport aux chantres traditionnels de cette région, à la fois plus lumineuse, plus joyeuse, plus vivante et moins immuable. Jean-Claude Coenen a su capter la lumière particulière et le ciel bas des Ardennes, s’attardant à des morceaux de paysage: quelques branches mortes, les fleurs sauvages, une clôture avec ses piquets de guingois, une petite maison blanche ou quelques arbres dans un verger, qu’il restitue d’une manière enlevée en accordant beaucoup d’importance au mouvement. Nous avons également apprécié le charme de quelques petits tableaux intimistes.

Renée RASKIN – Mai 1976

Jean-Claude Coenen a exposé à la galerie d’Egmont à Bruxelles, un ensemble d’oeuvres consacrées principalement au paysage. C’est la région ardennaise qui est à la base de son inspiration. Sa vision est objective, la peinture faite sur place dans un métier large et nourri, réaliste et à la recherche de la poésie du sujet, notamment dans ces champs de graminées secouées par le vent et encore dans cette audacieuse peinture d’une prairie couverte de fleurs mauves. Jean-Claude Coenen voit juste, accorde ses valeurs en d’excellentes harmonies. Ses natures mortes et ses fleurs, au métier peut-être plus sauvage, se distinguent également par une grande sobriété dans les gammes de tons contrastés souvent dominées par les terres et par une facture brossée en toute franchise et avec vigueur. La seule figure de l’exposition est un fort beau portrait de Marie Howert. Un portrait sensible, vrai, mesuré, expressif qui démontre que Jean-Claude Coenen peut faire de la figure avec autant de sincérité, d’observation et de rigueur que dans ses lumineux paysages.

Robert LIARD – Mai 1976

…Il est évident que Jean-Claude Coenen est un amoureux de la nature, il adore le plein air, lutte parfois contre le vent et la pluie, subit les ardeurs du soleil pour mieux interpréter les incidences d’un moment et il préfère, dans les campagnes qu’il parcourt, les lieux les plus solitaires: les villages vus de loin, les prés qui s’étalent jusqu’à l’horizon. Il aime le souffle léger du vent dans les graminées qui se courbent, gracieuses. Toutes ces évocations sont transportées dans une facture riche et savoureuse sans excès, dans une observation précise et raisonnée et une étude sévére des valeurs. Un excellent portrait de Marie Howet, sensible et vivant, tout comme le modèle et quelques natures mortes et de forts beaux dessins de personnages démontrent que si Jean-Claude Coenen préfère le paysage, il est à même d’interpréter avec autant de bonheur d’autres genres…

Lucien JALHAY – 1970

   Imaginons…Rêvons un peu…

Les formes sinueuses et sensuelles d’un violon . ..Mais un violon surdimensionné et totalement  translucide. A l’intérieur,enserré dans son carcan de glace ,un pinceau s’affole ,s’agite ,exalte . L’instrument n’a point d’archet, c’est donc le pinceau qui fera naître la musique,la fera jaillir de sa gangue de cristal.Il ne raconte pas d’histoire,il n’est qu’émotion brute ,qu’instant pur .Il écriture symphonie ou s’affrontent l’ombre et la lumière ,le jour et la nuit ,le fugace et l’infini ,dans les tourbillons feutrés  des couleurs de l’automne .Est-ce un combat?…Ou bien peut-être, tout simplement,un juste et fragile équilibre entre deux états ,deux humeurs ,deux mondes interpénétrés et indissociables . ..Et le pinceau frémit ,cour ,danse .Le pinceau recouvre de l’intérieures parois opalescents d’éclaboussures de lune,de soleil, de lambeaux d’arc-en-ciel,qui se seraient  égarés dans les reflets cuivrés des forêts automnales .Il pourrais aussi bien ne jamais s’arrêter, ce pinceau fou ,ce pinceau ivre.Pris dans un mouvement perpétuel il caresse sans fin les parois de verre,il fait vibrerons cordes invisibles ,effleure l’âme de l’instrument .Et pourtant ,soudainement,tout semble devoir se figer ,le temps s’arrête.La sarabande des couleurs s’immobilise…Il faut bien juste que la peinture sèche ! Mais ne vous y fiez pas trop ,en tendant bien l’oreille, vous pourriez percevoir comme une petite musique,comme le battement d’un coeur….C’est sans aucun doute qu’à l’intérieur,le pinceau continue d’écrire sa partition. Vous ne me croyez pas ?…je vous avais bien dit « rêvons un peu » , non?

Benoit Bureau-Mai 2015  (Exposition  les Grands Violons -Marche -en Famenne-B)

un simple brin d’herbe est un monastère .

Au fil des saisons ,toujours recommencées ,sans être jamais les mêmes ,Jean-claude Coenen ,n’a cessé d’ouvrir ,depuis des années ,les portes de son atelier de Lamormenil  en Ardennes sur une certaines intériorité .Comment parler de sa peinture ,autrement qu’en tentant de la comparer à un jardin ou la courbe sans cesse échappe  à la ligne droit et à l’obsession symétrique. Un jardin sauvage à l’apparence d’un domaine parfois fleuri,un rien sinueux ,un tantinet abstrait ou le regard du regardeur erre à sa guise,sans plan ni trajet préconçu. Mais  qu’il s’agisse de paysages éloignés ou de plans rapprochés ,c’est de la lumière qu’il s’agit . Et le retrouver à Waremme est un de ces petits bonheurs que conforte,en l’occurrence ,la rencontre d’un artiste qui touche par la qualité de ses explorations; la justesse des ses jeux d’ombres .ET ce faisant , la nature qu’il décrit est d’autant plus mouvante, changeante, inattendue car il s’inscrit dans la mouvance du paysage revisité,car il en a toujours dépassé la simple contemplation.Et c’est par cette technique,vouée à l’observation de l’infiniment plus petit,de l’anodin , qu’il nous fait découvrir la douceur apparente et trompeuse d’une autre nature ,celle des sous-bois .On devine en lui un explorateur chromatique qui nous fait le langage ,mais aussi le son des plantes à travers des images d’une exceptionnelle beauté .Voilà un artiste qui donne ici à la peinture naturaliste , de nouvelles lettres de noblesse.Faut dire qu’il nous rappelle qu’un simple brin d’herbe possède sa propre conscience, qu’il est indispensable à la  vie et qu’il fait partie de l’univers . Un vrais monastère à visiter .

Lucien Rama  ,écrivain et critique d’art -2016

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